Il aura fallu une fusillade.
Quatre comptages.
Et quelques voix d’écart.
Au terme d’un match longtemps maîtrisé par Quaregnon, Mons s’impose 8–7 après prolongation, au bout d’une rencontre équilibrée, disputée et indécise jusqu’au dernier instant. Un véritable sauvetage pour les Rouges, menés une grande partie de la soirée, mais capables de rester vivants jusqu’au bout.
Un duel accroché dès les premières minutes

Le match démarre en mixte avec Safari, avant une première comparée (Rapide – Chaud) particulièrement réussie. Les jouteurs proposent, varient, s’amusent. L’énergie est immédiate et le public comprend rapidement que la soirée sera serrée.
Certaines improvisations mixtes ont demandé davantage d’ajustement, notamment du côté de Mons — L’Éternel second, L’Offrande à Poséidon (où le dieu grec a brièvement pris des accents plus infernaux que mythologiques), ou encore Le Tonnelier teigneux, où l’énergie de la commedia dell’arte s’est invitée dans un univers pourtant moliéresque.
Des moments de recherche, d’exploration parfois audacieuse, mais qui témoignent surtout d’une volonté constante de proposer. Les idées circulent. Les intentions sont franches. La rencontre se cherche par instants, mais elle ne décroche jamais.
Le sommet artistique du match

Le véritable décollage intervient avec la comparée Une voix au grenier.
Quaregnon choisit Miyazaki.
Mons opte pour Nolan.
Deux univers forts. Deux ambiances assumées. Deux propositions abouties. Sans doute les deux meilleures improvisations de la soirée.
Même constat lors de Une minute avant l’éveil : deux comparées solides, précises, maîtrisées. Fait notable, les équipes semblent particulièrement en phase lorsqu’elles évoluent séparément.
Le public, lui, est partagé. Très partagé. Quatre comptages dans la soirée, preuve d’un duel réellement équilibré.
Un travail de fond essentiel

Dans ce match parfois instable, deux jouteurs ont constamment œuvré à maintenir la structure.
Benoît de Labie, auteur d’un 6/8 (75 %) et 62 P-I, a livré un match de grande maturité. Présent dans l’ossature des scènes, relanceur constant, stabilisateur discret. Son Top Jouteur et son Prix du Public viennent récompenser un travail souvent plus profond que spectaculaire.
En face, Ronny Petit a assumé une charge importante. Avec dix improvisations disputées — un volume élevé dans une ligue où l’on tente généralement de rester sous la barre des 70 % de présence — il a porté une part conséquente du rythme rouge. Toujours disponible, toujours moteur, il a contribué à maintenir le train sur les rails dans les moments plus délicats.
Ce type de performance ne fait pas toujours le bruit d’une punchline. Mais il permet au match d’exister.
Mention spéciale également à Wivine Blekic (5/7, 71 %, 57 P-I), solide toute la soirée et auteure d’un sauvetage important.
La tension monte… puis la bascule

La mixte Vidéo way devient un moment clé. Les jouteurs se trouvent davantage, le plaisir est visible, et le vote débouche sur une égalité.
À ce moment-là, Quaregnon affiche déjà 8 pénalités contre 4 à Mons — un élément non négligeable puisque chaque tranche de trois pénalités offre un point à l’adversaire.
Le score est serré.
La tension palpable.
Prolongation.
Une fusillade décisive

Quatre joueurs par équipe. Quatre séquences de 30 secondes. La fusillade est intense. Le public hésite, recompte, retient son souffle.
Mons l’emporte à quelques voix près. Quatrième comptage de la soirée. Preuve que rien n’était acquis.
Quaregnon, longtemps devant, voit la victoire lui échapper en toute fin de rencontre. Mais la prestation reste solide et le point de prolongation engrangé confirme leur régularité.

Les étoiles
- Construction : Romane Canon
- Personnages : Meggie Lombart
- Top Jouteur : Benoît de Labie
- Prix du Public : Benoît de Labie et Wivine Blekic
Impact classement
Avec cette victoire, Mons engrange 2,3 points et reste dans la course malgré sa quatrième place. Quaregnon, battu en prolongation, repart avec 1,7 point. Une défaite rentable, tant le contenu et le point glané permettent aux Verts de rester pleinement dans la course.
Fait notable : depuis trois rencontres, l’ordre du classement ne change pas. Les écarts évoluent, mais la hiérarchie reste identique.
Rien n’est figé.
La saison reste totalement ouverte.
Un match parfois tendu, souvent serré, toujours vivant.
Et une prolongation qui rappelle une chose essentielle : en LBI, rien n’est jamais écrit d’avance.
