Le match d’Impro

(Des arénas de Montréal au Borinage)

Aux origines : Montréal, 1977

Le match d’improvisation théâtrale est né le 21 octobre 1977 à Montréal, sous l’impulsion de Robert Gravel et Yvon Leduc, au sein du Théâtre Expérimental de Montréal. Leur idée ? Casser l’élitisme du théâtre. Pour cela, ils empruntent les codes du sport national québécois : le hockey sur glace. Patinoire. Arbitrage. Maillots. Périodes. Et surtout : compétition. Le théâtre devient spectacle populaire. Le public devient acteur.

Une idée simple… et révolutionnaire

Phot. Photoflow

À l’origine, le concept choque une partie du milieu théâtral :

  • Trop compétitif
  • Trop sportif
  • Pas assez “artistique”

Mais le public, lui, adhère immédiatement. Pourquoi ? Parce que le match d’impro met en scène le danger. L’erreur. Le risque. L’instant pur. Et surtout : le vote du public.

Comment se déroule un match ? (version LBI)

Deux équipes de cinq personnes :

  • 2 joueurs
  • 2 joueuses
  • 1 coach

Elles s’affrontent dans une mini-patinoire en bois (5m x 6m), sous l’autorité d’un staff composé de :

  • 1 arbitre principal
  • 2 assistants
  • 1 Maître de Cérémonie
  • 1 musicien

L’arbitre tire au hasard un thème et précise :

  • Nature : mixte ou comparée
  • Titre
  • Nombre de joueurs
  • Catégorie
  • Durée (30 secondes à 20 minutes)

Les équipes disposent alors de 20 secondes de caucus. À la fin de chaque improvisation : Le public vote. L’équipe majoritaire remporte le point.

Deux mi-temps de 45 minutes. L’équipe avec le plus de points gagne.

Le public : troisième équipe

Phot. Photoflow

Le match d’improvisation “joue à jouer un match”. Il parodie le sport, mais en reprend l’énergie.

Le public peut :

  • Voter
  • Réagir
  • Siffler
  • Lancer la fameuse pantoufle

Sans public actif, pas de match.

Le rôle du personnel

Phot. Timeo Codden

Le staff encadre le spectacle mais ne doit jamais voler la lumière aux joueurs.

L’arbitre :

  • Fait respecter les règles
  • Peut siffler parmi 16 fautes officielles
  • Donne un point à l’adversaire après trois fautes

Plus l’arbitre est “détesté”, plus le public soutient les joueurs. C’est un jeu d’équilibre.

Le MC rythme. Le musicien chauffe la salle. Le staff crée le cadre.

Le développement en Belgique

La Belgique adopte le concept dès 1984 avec la Ligue d’Improvisation Belge. De nombreux artistes marqueront la patinoire, parmi lesquels Laurence Bibot, Éric De Staercke ou Virginie Hocq.

Et dans le Borinage ?

En 1998, Robin Guéry fonde l’Association Montoise d’Improvisation et lance le Mondialito. De cette dynamique naîtront plusieurs troupes dans la région. Aujourd’hui, la LBI s’inscrit dans cet héritage :
un championnat structuré, exigeant, populaire.

Ce qu’est vraiment le match d’impro

Ce n’est pas seulement une compétition. Ce n’est pas seulement du théâtre… C’est un équilibre fragile entre :

  • Création et contrainte
  • Rivalité et solidarité
  • Autorité et chaos
  • Jeu et sincérité

Le match d’improvisation ne cherche pas la perfection. Il célèbre l’instant.