Le 12 septembre, le Centre Culturel de Boussu ouvre la saison 2026-2027 avec le Thunderdome III. Quatre équipes, huit jouteurs et une douzaine d’improvisations pour un premier rendez-vous qui pourrait déjà peser lourd dans le championnat.
Sur la patinoire : Robin Guéry et Clara Geirnart pour Mons, Bérengère Juvent et Laurent « Elmer » Dauvillée pour Boussu, Nicolas Tondreau et Marie Gerin pour Jemappes, et Benoît de Labie et Céline Lefevre pour Quaregnon.
Au kazoo, une autre curiosité : Xavier Percy arbitrera son premier match à la LBI. Un rookie, donc… avec un léger astérisque : il est tout simplement le plus ancien arbitre d’improvisation de Belgique.

Et pour son baptême borain, on lui a choisi le format le plus tranquille possible : quatre équipes en même temps.
Un Thunderdome qui compte vraiment
Le Thunderdome n’est pas un match d’exhibition.
Le vainqueur empochera deux points au championnat, le deuxième un point. À cela viendront s’ajouter les traditionnelles étoiles de personnages, construction et Top jouteur, chacune rapportant un tiers de point supplémentaire. Avec une douzaine d’impros au programme, le format alternera les confrontations directes, les mixtes réunissant les quatre équipes et les comparées où chacune proposera sa propre version du thème. Et une petite règle propre au Thunderdome peut transformer une pénalité en arme tactique : l’équipe sanctionnée choisit elle-même à quel adversaire elle offre le point. Autrement dit, le classement peut basculer sans même qu’une impro soit jouée.
L’an dernier, Quaregnon avait parfaitement négocié ce chaos et remporté le Thunderdome avec 5 points, devant Jemappes et Boussu à 4, tandis que Mons terminait à 2. Mais les cartes ont été largement rebattues depuis.
Jemappes : le favori a un visage

Nicolas Tondreau et Marie Gerin.
Difficile de trouver beaucoup de failles sur le papier. Tondreau possède le meilleur pourcentage de victoires en carrière parmi les vétérans présents : 10 matchs gagnés sur 13, soit 77 %. Il a disputé 98 improvisations et en a remporté 60, soit 61 % de réussite. À cela s’ajoutent 17 étoiles, là encore le meilleur total du plateau. Marie Gerin présente un profil différent mais tout aussi inquiétant : 9 victoires en 11 matchs, soit 82 %, le meilleur pourcentage des six joueurs disposant déjà de statistiques LBI. Elle gagne également 57 % des improvisations auxquelles elle participe. Mais le chiffre qui intéressera particulièrement Jemappes est ailleurs : Marie est redoutable pour lancer un match. Sa réussite sur la première improvisation atteint 88 %. Dans un Thunderdome où prendre rapidement la tête peut obliger les trois autres équipes à courir derrière vous, ce n’est pas un détail. Et surtout, ce tandem n’est pas expérimental. Marie est l’assistante-capitaine de Nicolas. C’est le duo de base de Jemappes, celui d’une équipe qui vient de devenir championne Mons-Borinage pour la seconde saison d’affilée.
Leur problème sera probablement moins de savoir s’ils sont capables de gagner que de gérer leur statut : tout le monde sait qu’ils sont dangereux.
La clé : prendre immédiatement des points et obliger les autres à les chasser.
Boussu : construction + destruction massive par le rire

Si une équipe semble équipée pour contester Jemappes, c’est probablement Boussu. Et son tandem est remarquablement complémentaire.
Bérengère Juvent construit. Elmer fait rire.
La formule est évidemment réductrice, mais elle décrit assez bien le danger. Bérengère est la joueuse la plus expérimentée du plateau en LBI avec 15 matchs et 115 improvisations. Ses 14 étoiles rappellent également qu’au-delà des victoires collectives, elle sait attirer l’attention individuellement. Son taux de victoire en match – 53 % – est moins spectaculaire que celui des deux Jemappiens, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Bérengère est une joueuse capable de structurer une improvisation et de donner de la matière à ses partenaires. À côté d’elle, Laurent Dauvillée affiche seulement six matchs LBI, mais déjà 9 étoiles en 52 improvisations. Et surtout, Elmer possède une arme particulièrement précieuse dans ce format : un capital sympathie considérable. C’est une bombe de joie et d’humour qui peut faire basculer très vite un vote public. Son calendrier chargé le rend moins disponible durant la saison. Bérengère a donc choisi de sortir cette cartouche dès le premier match.
Dans un format à deux, le calcul se comprend parfaitement : pendant qu’elle tient la baraque, lui peut y mettre le feu.
La clé : laisser Bérengère construire suffisamment pour permettre à Elmer de devenir dangereux sans transformer chaque impro en numéro comique.
Quaregnon : surtout ne pas se battre contre soi-même

Statistiquement, Benoît de Labie et Céline Lefevre partent derrière Jemappes.
Benoît compte 6 victoires en 15 matchs, Céline 4 en 11. Leur taux de réussite individuel en improvisation est respectivement de 53 % et 47 %. Rien qui permette de les installer favoris. Et pourtant… Ce serait oublier que Quaregnon est précisément l’équipe qui a remporté le dernier Thunderdome. Les Verts connaissent ce format et ont déjà montré leur capacité à profiter de son caractère particulier. L’année dernière, ils avaient terminé avec cinq points malgré cinq pénalités et avaient surtout été les seuls à sortir réellement vainqueurs de la soirée. Cette fois, Benoît part avec Céline, son tandem habituel. Le potentiel est là. Le danger aussi. Quaregnon peut devenir extrêmement fort lorsqu’il joue comme une seule équipe. À l’inverse, lorsque les initiatives individuelles s’accumulent et que chacun commence à poursuivre sa propre idée, les Verts peuvent perdre une énergie considérable à essayer de recoller les morceaux. À deux, ils auront moins d’excuses. Et dans les comparées, où les quatre équipes devront successivement défendre leur version du même thème, leur capacité à proposer une impro claire et cohérente pourrait devenir une arme majeure.
La clé : moins d’idées, mais la même idée à deux.
Mons : aucune statistique, donc aucun mode d’emploi

Et puis il y a les Rouges. Pour la première fois depuis la création du championnat, Mons arrive pratiquement sans passé statistique.
Robin Guéry et Clara Geirnart n’ont encore joué aucun match LBI. Aucun pourcentage de victoire. Aucun taux de réussite en impro. Aucun historique de leads ou de sauvetages. Zéro donnée. Ce qui est évidemment inquiétant pour Mons. Mais pas forcément très confortable pour les autres. Robin n’avait de toute façon que des rookies parmi ses joueuses disponibles. Son choix s’est porté sur Clara Geirnart, la plus expérimentée d’entre elles. Et Clara possède un avantage discret : si elle découvre le championnat LBI comme joueuse, elle connaît déjà une partie du jeu adverse. Elle joue régulièrement avec certains membres de Boussu et Jemappes et connaît donc mieux les Jaunes et les Bleus que ses statistiques vierges ne pourraient le laisser penser.
Reste une question immense : que vaut ce nouveau Mons lorsqu’il faut réellement prendre des points ? Personne ne le sait. Surtout pas les statistiques. Le Thunderdome sera donc moins un examen pour les Rouges que leur premier étalonnage. Finir quatrième ne constituerait pas une énorme surprise. Se mêler immédiatement à la lutte pour les premières places en serait une beaucoup plus intéressante.
La clé : profiter du fait que personne ne sait encore exactement à quoi s’attendre.
Le pronostic de la rédaction

Alors, si un bookmaker complètement inconscient acceptait des paris sur le Thunderdome ?
Jemappes – 33% de chances de victoire
Le choix rationnel. Le duo le plus éprouvé, deux excellents taux de victoire, une championne du premier lead avec Marie et Nicolas pour transformer les bons départs en dynamique de match. Sur le papier, ils doivent terminer dans les deux premiers.
Boussu – 30 %
Le principal danger pour Jemappes. Bérengère apporte la construction et l’expérience, Elmer une capacité immédiate à séduire une salle. Dans un match décidé par le public, ce tandem est terriblement bien pensé.
Quaregnon – 27%
Les champions en titre du Thunderdome ne peuvent certainement pas être écartés. Leur plafond est très haut. Leur principal adversaire sera peut-être Quaregnon lui-même : s’ils restent concentrés sur la cohésion plutôt que sur l’accumulation d’idées, ils peuvent faire exploser ce pronostic.
Mons – 10 %
Pas parce que les Rouges sont condamnés, mais parce qu’il n’existe simplement aucune donnée permettant de les placer plus haut. Deux rookies face à six joueurs installés : sur le papier, le handicap est énorme. Mais le sport adore précisément les équipes pour lesquelles le papier ne sait encore rien.
Avec une réserve importante : dans un format où quatre équipes s’affrontent, où le public décide, où une comparée produit quatre propositions différentes et où une équipe pénalisée peut choisir elle-même à qui offrir son point, les probabilités ont une espérance de vie assez limitée.
C’est même un peu le principe du Thunderdome.
Rendez-vous le 12 septembre au Centre Culturel de Boussu pour savoir qui aura eu raison : les statistiques… ou le chaos.




















